Le taxi autonome revient dans l'actualité avec deux séries de chiffres qu'il ne faut surtout pas mélanger. D'un côté, Waymo publie des données de sécurité tirées de plusieurs années d'exploitation réelle. De l'autre, le Cybercab de Tesla, présenté en octobre 2024, n'a encore aucun historique commercial : ce qui circule sur sa rentabilité relève de projections et d'un rapport interne rapporté par la presse américaine. Deux entreprises, deux sujets, deux niveaux de preuve.
Ce que montrent les chiffres de sécurité de Waymo
Waymo a publié sa dernière analyse d'impact, portant sur plus de 220 millions de miles parcourus en conduite entièrement autonome jusqu'à fin mars 2026. Comparée aux conducteurs humains dans les mêmes zones et sur la même période, l'entreprise annonce une réduction de 94 % des collisions provoquant des blessures graves ou mortelles, et une baisse marquée des collisions impliquant piétons, cyclistes et motocyclistes. Ces chiffres sont publiés par Waymo elle-même, ce qui n'enlève rien à leur intérêt mais appelle la prudence habituelle sur une source partie prenante.
Un tiers vient toutefois corroborer la tendance. L'Insurance Institute for Highway Safety (IIHS), organisme indépendant, a mesuré sur un périmètre de 50 millions de miles un taux de collision inférieur de 68 % à celui des conducteurs humains, avec 81 % de collisions avec blessures en moins. Une étude antérieure de l'IIHS, sur 7,1 millions de miles, situait le taux humain à cinq fois celui du système automatisé. Deux sources distinctes, deux échelles différentes, mais un même sens.
Le Cybercab de Tesla n'a pas encore d'historique commercial
Rien de comparable n'existe pour le Cybercab. Présenté en octobre 2024 aux côtés du Robovan, ce véhicule à deux places viserait un prix de vente inférieur à 30 000 dollars, pour un coût de production estimé par des analystes à 15 000 dollars en production de masse. Elon Musk a évoqué un coût d'exploitation de 25 à 30 cents par mile. Ce sont des objectifs annoncés, pas des résultats mesurés sur route.
Selon des éléments rapportés par The Information et repris par Electrek, un rapport prospectif interne à Tesla aurait pointé une rentabilité longue à venir pour les robotaxis, des revenus incapables de remplacer ceux des ventes de véhicules classiques, et un modèle difficile à répliquer hors des États-Unis faute de cadre réglementaire. Ce rapport aurait été rejeté par Elon Musk. Aucun de ces éléments n'est public au sens strict : ils sont attribués, pas vérifiés de façon indépendante.
Deux autorisations distinctes, toujours absentes en France
Faire rouler un véhicule sans conducteur et transporter des clients contre rémunération restent, en France, deux autorisations séparées. La première relève de l'homologation du véhicule automatisé, la seconde des conditions d'accès au transport public particulier de personnes (T3P). Les chiffres de Waymo, comme les projections sur le Cybercab, ne changent rien à cette architecture juridique : aucun service de taxi autonome commercial n'est autorisé sur le territoire à ce jour.
Ce que cela change pour vous
La sécurité n'est plus l'argument qui protège mécaniquement le métier : les chiffres de Waymo, publiés jusqu'à fin mars 2026 et corroborés par un organisme tiers, montrent une réduction sensible des accidents graves. Mais l'économie du modèle reste à démontrer, y compris pour Tesla selon ses propres équipes internes. Pour un chauffeur en activité ou en formation aujourd'hui, la vigilance porte sur deux plans distincts : l'évolution technique, qui avance vite, et l'évolution réglementaire française, qui n'a pas ouvert la voie à un service commercial sans conducteur. Se former reste pertinent tant que ces deux conditions ne sont pas réunies.
Sources : Waymo, données de sécurité publiées par l'entreprise ; étude de l'Insurance Institute for Highway Safety ; analyse de Notebookcheck sur la conception du Cybercab ; article de Generation-NT citant The Information et Electrek.
Article rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle, relu et vérifié par la rédaction.
