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Taxis autonomes en Europe : où en est l'autorisation

La question revient à chaque session : les voitures sans chauffeur vont-elles remplacer le métier, et quand. L'état des autorisations en Europe apporte une réponse plus nette qu'on ne l'imagine.

Aucun service commercial sans conducteur, nulle part en Europe

C'est le point que les annonces d'industriels laissent dans l'ombre. Partout où des robotaxis roulent aujourd'hui sur le continent, un conducteur de sécurité est à bord, mains sur les genoux, prêt à reprendre le volant. La réglementation européenne l'impose. Ce sont des essais, pas une exploitation commerciale.

Rappelons la distinction qui commande tout : faire circuler un véhicule sans conducteur relève de la réception du véhicule. Transporter des clients contre rémunération relève du transport public particulier de personnes, avec ses propres conditions d'accès. Un véhicule homologué n'est pas pour autant un taxi.

Où les essais ont lieu

Le premier essai européen a démarré en Croatie le 8 avril, à Zagreb : une dizaine de véhicules, portés par l'entreprise chinoise Pony.ai alliée à Uber, et par la start-up croate Verne avec le constructeur Rimac.

Suivent, annoncés pour cette année : Londres, avec trois groupes concurrents — Waymo, Wayve associé à Uber, et Apollo Go ; Madrid, avec WeRide et Uber ; Munich, avec Uber et Momenta ; la Suisse, où Apollo s'est associé à la Poste suisse ; et le Luxembourg, avec Stellantis et Pony.ai.

Les plateformes de VTC — Uber, Lyft, Bolt — sont partenaires de la plupart de ces projets. Ce n'est pas un hasard : elles apportent la demande.

Et la France ?

Aucun essai n'y est prévu. Aucune ville française ne s'est lancée, malgré plus de trois cents expérimentations en dix ans — presque toujours des navettes autonomes, à budget modeste et sans débouché commercial.

Ce que la déclaration du 8 juin change, et ne change pas

Dix-huit États membres, dont la France, ont signé le 8 juin 2026 une déclaration conjointe visant à coordonner les procédures d'autorisation d'essais transfrontaliers, assortie de vingt millions d'euros de financement européen.

Il s'agit d'une déclaration d'intention politique, non contraignante. Elle ne modifie aucune règle d'autorisation existante : elle annonce l'intention d'en harmoniser les procédures. La distinction n'est pas juridique pour rien — entre une intention affichée et une règle applicable, il s'écoule des années.

Ce que cela change pour vous

À court terme, rien. Aucun texte n'ouvre en France un service de transport de personnes sans conducteur, et aucun essai n'y est même programmé.

À moyen terme, un expert consulté par l'AFP évoque une exploitation commerciale possible dès 2027, à Londres ou Madrid. Ce sont des métropoles denses : le modèle économique n'existe pas ailleurs, et c'est précisément le débat qui bloque en France, où les responsables publics souhaitent des déploiements en zones peu denses.

La compétence qui garde sa valeur n'est donc pas la conduite seule, mais ce qu'aucun capteur ne fait : accueillir, s'adapter, connaître un territoire, gérer l'imprévu. Ce sont aussi les points que l'examen évalue.

Sources : AFP, « Robotaxis : l'Europe, très en retard, commence à s'ouvrir », 7 juin 2026 ; Commission européenne, déclaration conjointe du 8 juin 2026.

Article rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle, relu et vérifié par la rédaction.