Une action collective a été déposée devant un tribunal d'Amsterdam par des milliers de chauffeurs Uber venus de plusieurs pays européens, dont la France. L'affaire vise le mode de calcul de la rémunération par l'algorithme de la plateforme, un sujet qui concerne tout chauffeur travaillant avec une application.
Ce que reprochent les plaignants
Selon les plaignants, représentés par la branche néerlandaise de l'organisation Worker Info Exchange (WIE) International, Uber aurait modifié discrètement son système de rémunération dynamique depuis 2020. Ils estiment aussi que la plateforme a pris des décisions automatisées sur la rémunération et l'attribution des courses sans intervention humaine, ce qui contreviendrait au règlement général sur la protection des données. Ils reprochent enfin à Uber d'avoir traité leurs données personnelles à des fins d'apprentissage automatique, y compris par des transferts vers les États-Unis, sans autorisation.
Ces accusations restent, à ce stade, des allégations portées devant la justice. Rien n'a été tranché.
Ce que répond Uber
Uber rejette ces accusations. L'entreprise affirme que les chauffeurs disposent d'une totale liberté d'accepter ou de refuser une course, avec une information complète avant acceptation. Elle affirme aussi que la grande majorité du prix de la course leur revient et que le taux de sa commission est resté stable.
Des chiffres qui ne concernent pas la France
Le cabinet d’analyse économique Oxera a produit, à l’appui de la plainte, des estimations de baisse de rémunération. Aux Pays-Bas, 48 % des chauffeurs auraient vu leur rémunération horaire diminuer, de 7 508 euros par an en moyenne. Au Royaume-Uni, 66,7 % des chauffeurs auraient perdu en moyenne 5 337 livres par an, soit environ 6 206 euros. Aucune de ces sources ne donne de chiffre pour la France. Le nombre exact de chauffeurs français concernés n'est pas précisé non plus, la procédure évoquant seulement des milliers de chauffeurs toutes nationalités confondues.
Ce dossier fait écho à un autre litige déjà évoqué sur ce blog : l'amende de plusieurs centaines de millions d'euros infligée à Uber par l'autorité néerlandaise de protection des données, pour des désactivations automatiques de comptes de chauffeurs sans intervention humaine. Le principe en jeu est le même : une décision entièrement automatisée, aux effets importants pour le chauffeur, sans possibilité de recours humain.
Ce que cela change pour vous
Pour un chauffeur en véhicule de transport avec chauffeur (VTC) en activité en France, rien ne change aujourd'hui. Il s'agit d'une procédure engagée début septembre 2026 devant un tribunal néerlandais, dont l'issue reste inconnue et dont les effets, s'il y en a, ne sont pas prévisibles. Le point à retenir est le principe débattu : comment une plateforme calcule la rémunération à partir d'un algorithme, et quel droit un chauffeur a de comprendre ce calcul et d'obtenir une intervention humaine en cas de désaccord. Vérifier comment sa rémunération est déterminée reste utile, indépendamment de l'issue de cette action.
Sources : l'article de la Radio Télévision Suisse (RTS) sur l'action collective contre Uber ; l’article de Business AM sur la même action.
Article rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle, relu et vérifié par la rédaction.
